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Entrons dans l’église de Siguer. Austère et magnifique, nimbée de lumière, éclairée par les vitraux diffusant une clarté irréelle ; une plénitude, propice à la réflexion. Mais combien plus enrichissante est la visite d’une église quand elle est précédée d’une lecture attentive de l’histoire du lieu. C’est ce que nous offre Anne-Marie Bénazet, dans son article lumineux sur notre église.
« Tous datés de 1896, huit vitraux, quatre en vis à vis dans chaque collatéral complètent le décor de l'église, et l'éclairent. . C'est ainsi que voisinent près du « Bon Pasteur », saint Jean Baptiste, l'évêque saint Blaise protecteur des animaux sauvages, sainte Cécile patronne des musiciens, saint Antoine de Padoue le populaire franciscain que la tradition invoque pour retrouver les objets perdus !... saint Roch le montpelliérain, qui guérissait de la peste, et qui lui même atteint et retiré dans une forêt profonde, était nourri par son chien.. . Moins connu, saint Antonin, le deuxième au collatéral ouest, grand habit de dominicain et crosse de père Abbé en main, qui vivait à Florence au XV ème siècle, contemporain et ami du frère Angélique, Fra Angelico, génial décorateur du couvent saint Marc où tous deux étaient religieux. Il se trouve sans doute là, par analogie de nom avec saint Antonin martyr des premiers siècles, patron du diocèse de Pamiers. Certains de ces vitraux indiquent le nom de leur donateur : l'abbé Jauze, Madame Subra (mère de l'abbé Subra), et la famille Baptiste Rouzaud de Paul, à deux reprises. Le paradoxe veut qu'aucun vitrail ne soit consacré à saint Baudille, patron de la paroisse. Mais les peintures du choeur méritent aussi que l'oeil du visiteur s'y attarde... Derrière l'autel, on n'est pas peu surpris de trouver une copie de la superbe Crucifixion de Rubens, dont l'original se trouve au musée des Augustins à .Toulouse (où on le signale comme un « don du gouvernement impérial » de 1806, curieux euphémisme pour le détournement d'une oeuvre depuis les Flandres devenues possession de l'Empire français...). Ce tableau est déjà signalé dans la description que fait de l'église, en 1885, Jules de Lahondès. De part et d'autre, deux autres grandes copies : à gauche, la Cène de Léonard de Vinci (oeuvre majeure de la peinture sacrée du XVI ème), et à droite une Nativité, d'après un tableau du XVIII° siècle, de la cathédrale saint Antonin de Pamiers. Ces deux copies sont de Pedoya, et l'on retrouve bien des oeuvres de ces artistes (car ils étaient trois frères) en Ariège bien sûr, mais aussi en Haute Garonne, dans le Tarn, l'Aude et les Hautes Pyrénées. François Pedoya « l'aîné » fut le premier à s'expatrier de Lombardie, en 1820. A cette époque la France avait besoin d'artistes pour restaurer les églises laissées à l'abandon après la Révolution. Un peu plus tard, il faisait venir deux de ses frères, Fortuné et Jean- Antoine dit « le jeune ».. . Outre leur oeuvre décorative abondante (qu'ils signaient « Pedoya » sans signaler lequel des trois était l'auteur privilégié), ils se fixèrent en Ariège, et y fondèrent famille : l'aîné François eut trois enfants, dont l'un fut le général Jean-Marie Gustave Pedoya, député de l'Ariège de 1909 à 1919. »
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