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La première centrale à Siguer.
Le Moulin Florentin, berceau de toute une dynastie de meuniers, s'élève sur la rive gauche du Siguer, non loin du village de même nom dont il est séparé par la rivière. Pendant plus d'un siècle, les familles Rogé y ont vécu de père en fils, donnant une nombreuse descendance. Au fil des ans, au gré de la vie, la population de Siguer diminuant, tous se sont dispersés, et peu à peu, le moulin a cessé de moudre. Durant la décennie 1920 - 1930, François Rogé, le dernier des meuniers, y vivait encore avec son épouse Rosalie, tous deux d'un âge avancé, mais les meules ne tournaient plus. A leur place, une petite installation électrique distribuait le courant au village ; il semblait, dès lors, que le travail de l'eau eût perdu de son charme ; sa chute rapide, dans les entrailles du moulin, s'industrialisait sous le nom de "houille blanche". Le bruit de la dynamo avait remplacé le tic-tac du moulin. Cette modernisation, bien que sortant de la lampe à pétrole ou du "caleil" fumant et malodorant, demeurait précaire et de faible intensité. Certains soirs, la lumière s'éteignant tout à coup, dans les demeures, les gens disaient : "la couréjo a saoùtat !" Aussitôt, quelques personnes de bonne volonté accouraient au moulin pour réparer la panne et remettre en place la courroie, laquelle, tournant à grande vitesse, autour de deux arbres d'acier, avait quitté son axe. Ni François, ni Rosalie n'eussent été capables de tirer d'affaire les Siguerrois plongés soudainement dans l'obscurité. Le maître du moulin atteint d'hémiplégie avait vu son état empirer et son existence s'écoulait du lit au fauteuil. Sa compagne était donc l'âme du foyer, veillant à tout l'entretien de la maison, à son malade, car il n'y avait auprès d'elle ni infirmière, ni garde de nuit, à part les visites que lui faisait régulièrement le bon Docteur DUPUI de Vicdessos. Texte de Sylvette Charlet.
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